Un projet photo exigeant, pour deux marchés haut de gamme
Le responsable marketing de Rémy Martin nous a confié ce projet avec une exigence simple à formuler, mais redoutable à tenir : les visuels du cognac Centaure devaient être parfaits.
Ces images étaient destinées à des PLV grand format dans les espaces duty free américains et chinois. Des contextes de diffusion où le visuel travaille seul, sans texte autour, face à un client qui prend sa décision en quelques secondes devant un linéaire premium.
Nous avons mené ce projet à deux : Lionel, mon associé au studio Oioo, et moi. Ce genre de shooting de précision se fait rarement en solo.
Ce que photographier une bouteille de cognac implique vraiment
Le verre est l’un des matériaux les plus difficiles à photographier en studio. Il réfléchit, il réfracte, il transmet la lumière en même temps. Selon l’angle et l’intensité de chaque source, une bouteille peut sembler creuse, plate, trop sombre ou trop lumineuse.
Ajoutez à ça un liquide ambré dont la couleur exacte est une signature de la marque, et un verre épais qui modifie la perception de cette couleur selon les conditions d’éclairage, et vous comprenez pourquoi ce type de projet ne s’improvise pas.
Nous avons travaillé au Dedolight, une source de lumière très précise, issue du monde du cinéma, qui permet de diriger la lumière chirurgicalement sur une zone précise sans contaminer le reste de la scène. Huit sources différentes ont été utilisées pour ce shooting. Chacune avait un rôle défini : révéler une facette de la bouteille, contrôler un reflet, suggérer la profondeur du liquide, séparer le verre du fond.
Ce niveau de maîtrise, c’est ce qui permet de ne pas retoucher. Les photos livrées à Rémy Martin sont sorties telles quelles du studio. Pas de corrections de couleur importantes, pas de reconstruction de reflets en post-production. Tout a été construit en lumière.
L’eau et la sauce soja : la solution à un problème invisible
La bouteille que vous voyez sur ces photos ne contient pas de cognac.
Sous notre éclairage Dedolight, la teinte du vrai cognac Centaure ne rendait pas la bonne couleur. L’épaisseur du verre, combinée à l’intensité et à l’angle de nos sources, modifiait la perception du liquide à l’écran et sur tirage grand format.
Après plusieurs tests, nous avons trouvé la solution : un mélange précisément dosé d’eau et de sauce soja, qui reproduit exactement la teinte ambrée du cognac dans nos conditions de prise de vue. C’est ce mélange qui est visible sur les photos finales livrées au client.
Ce n’est pas de la tromperie visuelle, c’est de la rigueur photographique. L’objectif était que le consommateur qui voit cette bouteille en duty free reconnaisse exactement le produit qu’il a vu en photo. Nous y sommes arrivés, mais pas par le chemin le plus évident.
Deux fonds photo, une lumière maîtrisée
Le brief prévoyait deux versions : fond blanc et fond noir.
Pas un fond blanc retravaillé en noir en post-production. Deux prises de vue distinctes, avec des ajustements d’éclairage spécifiques à chaque fond. Un fond noir appelle une lumière plus contrastée, des zones d’ombre assumées, un travail différent sur les transparences. Un fond blanc demande une lumière plus enveloppante, sans pour autant aplatir le verre.
Ces deux versions donnaient ensuite aux équipes créatives de Rémy Martin et à leurs agences une liberté totale de photomontage pour les différents formats de PLV, selon les marchés et les contraintes locales de chaque pays.
La bouteille commercialisée aux États-Unis et celle distribuée en Chine ne sont pas identiques : l’étiquetage réglementaire diffère. Nous avons photographié les deux versions avec la même rigueur.
Ce que ce projet photo dit de notre façon de travailler le luxe en studio
Nous ne sommes pas arrivés sur ce shooting avec des certitudes. Nous avons testé, ajusté, trouvé une solution que nous n’avions pas anticipée, et livré un résultat à la hauteur d’une marque internationale.
C’est ça, la photo de produit de luxe : une capacité à résoudre des problèmes techniques que ni vous ni nous ne voyons venir, avec assez de métier pour ne pas paniquer quand ils se présentent.
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Si vous avez des produits à photographier pour une utilisation haut de gamme, parlons de votre projet.
Questions fréquentes sur la photo de produit en studio
Quelle est la différence entre un packshot classique et une photo de produit de luxe ?
Le packshot répond à un besoin de clarté et de standardisation : montrer le produit fidèlement sur fond blanc, pour un catalogue ou une boutique en ligne. La photo de produit de luxe répond à un autre enjeu : construire une image de marque, créer un désir, justifier un positionnement premium. Les contraintes techniques sont plus élevées, la préparation plus longue, et le résultat attendu va bien au-delà de la simple représentation du produit.
Pourquoi photographier des bouteilles en studio est-il si complexe ?
Le verre réfléchit, réfracte et transmet la lumière simultanément. Chaque source lumineuse crée des reflets, des zones de transparence et des ombres qui interagissent entre elles. Sur une bouteille de spiritueux haut de gamme, la couleur du liquide, la qualité du verre et les détails de l’étiquette doivent tous être restitués avec exactitude. C’est un travail de précision qui nécessite plusieurs sources de lumière, beaucoup de tests, et une vraie expérience de la photographie de verre.
Qu’est-ce que le Dedolight et pourquoi l’utiliser pour la photo de produit ?
Le Dedolight est une source lumineuse de précision issue du cinéma, qui permet de diriger la lumière sur une zone très précise sans débordement. Contrairement à un flash studio classique, il offre un contrôle chirurgical idéal pour les objets réfléchissants ou transparents comme le verre. Sur ce projet, nous avons utilisé huit sources Dedolight pour construire l’éclairage de la bouteille, chacune jouant un rôle précis dans le rendu final.









